le débat ne fait que commencer

Publié le par Section JOIGNY

 
POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE
le débat ne fait que commencer

Le parti de Sarkozy, reniant les engagements pris, vient de voter à l’Assemblée la privatisation  de GDF afin de livrer l’entreprise au groupe privé Suez.
Le ministre de l’Intérieur s’était pour­tant engagé, en 2004, au nom du gou­vernement, à ce que l’État conserve au moins 70 % du capital dans EDF et GDF. C’est donc bien la parole d’État qui a été trahie par celui qui aujourd’hui postule à la magistrature suprême.
Le démantèlement d’une grande entre­prise publique est décidé par la seule UMP au mépris de l’opinion des Fran­çais et des salariés. Les craintes qu’il suscitait pourtant portaient sur les prix et le maintien de l’intégrité de l’entreprise. Balivernes !, répondait alors T. Breton, qui affirmait avec l’aplomb d’un came­lot peu scrupuleux que la fusion permet­trait l’émergence d’un géant européen capable de tirer les tarifs à la baisse auprès des pays producteurs. Las ! Dans sa “ lettre de griefs ” que le gouver­nement s’est efforcé de tenir hors de la connaissance des élus et des citoyens, la Commission européenne conditionne la fusion à l’abandon des contrats à long terme qui garantissent la stabilité tari­faire, les prix réglementés, qui doivent assurer l’accès de tous à l’énergie et exige que le nouvel ensemble aban­donne plusieurs activités.
On en sait un peu plus aujourd’hui : les syndicats ont révélé que les dirigeants de GDF ont proposé de céder 21 % des capacités à la concurrence. Quant à l’abandon des prix réglementés, l’envo­lée de 48 % du tarif “ libéralisé ” en 2005 de l’électricité vendue aux entre­prises est un avant-goût de ce qui menace les consommateurs avec la fusion et la libéralisation du marché de l’énergie en juillet 2007.
L’histoire récente nous enseigne qu’une loi, même votée par la majorité parle­mentaire de droite, peut être défaite grâce au mouvement social, à une pres­sion de l’opinion si forte que le gouver­nement doive revoir leur copie. Cette leçon de démocratie a été infligée au printemps dernier à de Villepin par la jeunesse, qui a balayé le CPE. L’aban­don de la maîtrise publique du gaz à l’heure où l’énergie est au cœur des plus grands conflits contemporains est une faute gravissime qui doit au plus vite être corrigée.
Quelle politique énergétique pour la France et pour l’Europe ? La mobilisa­tion sociale qui se poursuit contre l’ab­sorption de GDF ne peut faire l’écono­mie de ce débat. La gauche notamment doit dire précisément quelle alternative elle avance. Le programme du parti socialiste mentionne la réintroduction du contrôle d’EDF à 100 % public et la constitution d’un pôle public de l’éner­gie. Le Parti communiste propose plus précisément la renationalisation d’EDF-GDF, la fusion des deux entreprises publiques au sein d’Énergie de France et, parallèlement, le renforcement de la présence publique dans le capital de Suez afin d’éviter tout risque d’OPA. En empêchant la discussion publique sur tout autre option, le gouvernement a voulu signifier : “ Hors de la libéralisa­tion, hors de la privatisation, point de salut! ”. Mais le débat ne fait que commencer .
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Publié dans CONSOMMATION

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