SARKOZY, ENTRE BUSH ET PETAIN

Publié le par www.la-gauche.org

 

SARKOZY, ENTRE BUSH ET PETAIN

 

 

Dans sa rage de «rupture», le chasseur d enfants, le grand organisateur de rafles au facies attaque sur presque tous les fronts pour saper les fondements fragiles de ce qui protege nos libertes. Après la honteuse operation de Cachan et le maintien volontaire des familles concernees dans des conditions precaires alors que des solutions existent, apres la circulaire concernant la traque des « sans papiers » inspiree directement de l époque de Vichy, voila presque concomitamment la poignee de main à G.W. Bush (avec photo arrangee pour faire apparaitre le petit Sarkozy aussi grand que le moins petit Bush) accompagnee d hymnes au modele américain, version Bush bien sur, la loi sur la « prevention » de la delinquance, qui ne traite que de repression et les accusations delirantes contre les magistrats. Ajoutons-y le scandaleux traitement des dossiers des familles etrangeres ayant des enfants scolarises en France, ou les criteres, deja peu clairs, exiges par le ministre Sarkozy, ont ete bafoues et remplaces par un quota fixe à l avance et la remise du rapport Michalon sur la laicite, et le tableau sera complet des dernieres friponneries  du patron de l UMP.

 

« Les français me comprennent », commente Sarkozy, sondages a l appui. Il y a toujours, en France ou ailleurs, une partie de la population qui « comprend » les forts en gueule, en un melange de peurs recuites, d envies nauseeuses et meme de sinceres desarrois. Des français « comprenaient » le travail-famille-patrie de Petain. Des americains ont « compris » les mensonges de Bush « pour la bonne cause », celle du « bien » contre le « mal ». Car les coups les plus bas sont frequemment, voyez-vous, assenes au nom de la morale. Faut-il citer d autres « comprehensions » allemandes, espagnoles, italiennes, portugaises dans les annees trente et plus ?

 

De la liste des forfaits recents de Nicolas Sarkozy, le rapport Michalon est peut-etre celui qui est passe le plus inaperçu. Rappelons que Sarkozy avait nomme une commission, presidee par le sieur Michalon, universitaire proche du lobby catholique, et composee en quasi-totalite de culs bénits de diverses obediences, pour « toiletter » ou « moderniser », le verbe variant selon l humeur du moment la loi de 1905 sur la laicite. Vous parlez d une toilette ! De la laicite, il ne restera plus grand-chose si les propositions de ce rapport, que Sarkozy caresse avec un regard glouton, sont un jour appliquees. Point phare : l autorisation de financements publics des edifices cultuels, y compris ceux des « evangelistes », si chers au cœur de G. W. Bush.

 

Le projet de loi « preventif » de Sarkozy sur la delinquance vise a renforcer la repression de populations fragiles a divers titres : mineurs, « malades mentaux », gens du voyage, familles en difficulte. Il transforme les maires en sherifs et les incite, ainsi que les travailleurs sanitaires et sociaux, a la délation. Il prevoit, encore et toujours, de nouveaux fichages, en un maillage toujours plus serre, avec des donnees cernant de plus en plus la vie privee des individus et des familles. Rien, par contre, sur les delinquances financieres, on s en serait doute.

 

Les attaques contre les magistrats, derniers avatars d une longue serie, sont, comme d habitude chez Sarkozy, fondees sur des mensonges ehontes, dementies par les statistiques, y compris les siennes, et seulement etayees par la fuite organisee du rapport « confidentiel » d un prefet qui, s il en met une louche sur la carence policiere dans son departement, met toute la marmite sur le compte du « laxisme » judiciaire, la aussi sans arguments chiffres.

 

L insecurite est un sujet serieux. Il ne sera pas traite par les methodes de Sarkozy, qui, statistiquement cette fois, obtiennent des résultats aux frontieres du lamentable. Ni par on ne sait trop quel « ordre juste », sortant du chapeau d une dame en blanc.

 

Il est pourtant des evidences : toute politique concernant l insecurite doit englober l analyse sociale et urbaine de l environnement des lieux ou elle se manifeste particulierement. Toute politique serieuse dans ce domaine doit marcher sur les deux jambes de la prevention (la vraie, pas celle definie par Sarkozy) et de la sanction. Elle implique une presence renforcee des services publics (dont la police) la où ils sont absents ou insuffisants. Elle necessite de bien distinguer, dans le role de la police, celui de gardien de la paix de celui relevant du judiciaire : Sarkozy a etouffe le premier, pourtant tres préventif, enfle le second, et obtenu des resultats calamiteux. Elle doit prendre en compte le fait que la prison, si elle demeure evidemment nécessaire dans certains cas, n est pas la panacee : pour les jeunes delinquants, on le sait, elle est souvent l ecole du crime.

 

Retablir la confiance entre population et police passera, outre les propositions precedentes, par l abrogation de toutes les lois impulsees par Sarkozy, et de dispositions prevues par ses predecesseurs, notamment celles concernant les fichages systematiques, permettant, de fait, les controles « au facies » qui se transforment dans certains quartiers en veritable harcelement. Nous connaissons beaucoup de fonctionnaires de police qui se lamentent du role qui leur est impose, qui refusent l absurde « culture du chiffre » dont se gargarise leur ministre (au passage, s il s’appliquait à lui-meme cette « culture », sa premiere decision serait de se congedier).

 

Une politique responsable de retablissement de la securite publique, c est aussi ce qui est attendu d une gauche alternative au liberalisme. Nous en avons propose quelques axes a notre sens majeurs. Poursuivons la reflexion.

 

Jean-Luc Gonneau * pour le Cactus/La Gauche !

www.la-gauche.org

 

__._,_.___

Publicité

Publié dans PCF

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article