Solidarité Français-immigrés
Contre la loi Sarkozy/CESEDA
Solidarité Français-immigrés
Sur les cendres de feu le CPE, le chef de l’UMP tente aujourd’hui de regonfler ses troupes et de regagner le terrain perdu en enfourchant les pires chevaux de bataille de la droite: un discours sécuritaire et xénophobe, plus dangereux que réellement sécurisant, la stigmatisation des immigrés, pour justifier leur précarisation maximum, le dénigrement des droits fondamentaux de la personne humaine, présentés dans le cas des immigrés comme un obstacle à la bonne marche de la mondialisation capitaliste.
Mais la réaction qu’est en train de provoquer son offensive anti-immigrés ne semble pas être celle escomptée. Croyant habile d’aller chasser sur les terres du Front national, Sarkozy pourrait lui aussi se trouver bientôt plus isolé qu’il ne l’imaginait. Déjà 460 associations sont signataires du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable. Des mobilisations importantes se préparent, qui devraient s’amplifier à compter du 1er mai pour déboucher vers un très grand temps fort le 13 mai. Et surtout, un processus d’appropriation populaire des enjeux de cette nouvelle loi est en cours dans le pays. Peu à peu, la clarté se fait sur les objectifs de ce détestable projet. Pétris de fausses évidences, de mots d’ordre en trompe-l’oeil comme “ l’immigration choisie ”, les arguments gouvernementaux sont battus en brèche. Sarkozy se croit en terrain conquis. Or, sur cette question aussi, le pays est en réflexion. Cette bataille ne fait à l’évidence que commencer.
Évidemment, les choses ne vont pas de soi. Sarkozy le sait, qui repart en campagne sur ce thème parce qu’en l’espèce, il espère plus fécond pour ses thèses libérales le terreau des divisions de la société et du monde du travail. Les angoisses provoquées par la généralisation de l’insécurité sociale et une mondialisation où tout est brutalement mis en concurrence alimentent des réactions contradictoires. Contre ses promoteurs, le rejet de ce type de mondialisation gagne du terrain. Chez nous, il est majoritaire. En même temps, tant que le doute persiste sur la possibilité d’y échapper et d’y opposer un monde fait de solidarités nouvelles, l’illusion d’une sécurisation autoritaire, individualiste, mêlé de repli et de rejet de l’autre, conserve de la prise, et peut même devenir pour beaucoup une solution de fuite en avant. La tentation de l’exutoire et les dangers de dérives xénophobes sont toujours là.
La partie est pourtant loin d’être aujourd’hui gagnée pour les tenants de cette révision totalement rétrograde de notre politique d’immigration. Des jeunes salariés Kleenex imaginés par les inventeurs du CPE aux immigrés jetables institués par la loi Sarkozy, en passant par les ouvriers et les employés européens mis aux enchères par la directive Bolkestein, il n’y a qu’une seule et même logique: celle du nivellement par le bas des droits et des garanties des salariés face à un marché des profits dont les lois seraient toujours plus puissants. La conscience de cette communauté d’intérêts grandit. Avec le CPE, la droite pensait opposer les jeunes aux moins jeunes, puis les jeunes étudiants aux jeunes des banlieues. Elle a lamentablement échoué. La solidarité Français-immigrés peut, elle aussi, dans cette bataille contre la loi CESEDA, trouver de nouvelles et solides raisons de se déployer.
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