la droite camoufle son vrai programme

Publié le par PCF

 
SARKOZY CANDIDAT
la droite camoufle
son vrai programme

Que faut-il retenir de la déclaration de Nicolas Sarkozy publiée ces jours-ci dans la presse régionale?
La confirmation que le patron de l’UMP est candidat, autrement dit que la France peut être présidée dans cinq mois par Sarkozy si les électeurs ne lui barrent pas la route. L’homme, son programme, sa méthode sont connus. Le risque doit donc être pris au sérieux, s’il ne l’est déjà. Seconde confirmation : c’est une droite dure que le patron de l’UMP entend mener à la victoire. Oui, son programme sera UMP répond-il avec netteté : “ Qu’on ne compte pas sur moi pour tenir un discours qui ne soit pas fidèle aux valeurs de la droite et du centre ”. Atlantiste, communautariste, libéral ? Interrogé, Sarkozy ne se dédit sur rien.
 Tout juste s’efforce-t-il d’atté­nuer l’effet caricatural que pourraient suggérer ces qualificatifs. En vérité, c’est la seule nouveauté de l’interview : Sarkozy confirme qu’il entre dans une nouvelle phase de sa campagne, celle où il tentera de corriger une image trop brutale pour, comme il le dit, “ parler aux catégories de la population aux­quelles nous n’avons pas assez parlé ”, citant notamment les fonctionnaires, les femmes, les jeunes, “ les Français les plus récents ” (!) et ceux qui n’ont plus d’es­poir. Ça en fait du monde ! Le ministre a pris le pouvoir à droite à la hussarde, mais il n’a pas conquis la France.
Mais du même coup, la manœuvre appa­raît de plus en plus classique. Dans la dernière ligne droite, le candidat Sarkozy s’apprête à manier le chaud et le froid, à confirmer son programme et à en arrondir les angles autant que néces­saire. Or le programme de l’UMP n’a rien d’un modèle d’équilibre. Après déjà cinq ans de casse sociale, la batterie de mesures réactionnaires qui y figurent fait craindre le pire pour notre pays et notre peuple.
La liste est terrible : création du contrat de travail unique repoussé dans la foulée du CPE, qui réduirait les garanties socia­les de tous les salariés; austérité salariale maximum en dehors d’une augmenta­tion du temps de travail au nom de la célèbre formule “ pour gagner plus, tra­vailler plus ”; autorisation de l’ouverture des magasins le dimanche; suppression d’un âge légal de départ à la retraite pour tous ; suppression de la carte sco­laire et mise en concurrence des établis­sements; liberté d’installation pour l’en­seignement privé ; instauration d’une franchise annuelle de 100 euros sur les rembour­sements de soins; réduction drastique des dépenses publiques; réforme de l’ordonnance de 1945 sur la justice pénale des mineurs; renforcement de la politique des quotas rebaptisée immigration choisie…
Évidemment, rien de cela ne figurait dans la déclaration de candidature. “ Pourquoi je suis candidat ”, s’intitulait l’entretien. Les 18 millions de lecteurs visés ne le savent toujours pas vraiment.
La bataille de vérité ne fait que com­mencer .
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