eurogrève le 2 décembre
SOLIDARITE OUVRIERE
eurogrève le 2 décembre
Il n’y aura pas de nouveau Vilvoorde, avaient promis les dirigeants européens au lendemain de la décision
de Renault, en février 1997, de fermer son usine belge et de rayer d’un trait de plume plus de 3000 emplois.
Une décennie plus tard, c’est au tour de Volkswagen d’assassiner le travail et de saigner l’industrie automobile en Belgique. En arrêtant, sur le site de Forest, la fabrication de la Golf qui sera désormais produite en Allemagne, alors que ce véhicule représente 80 % de la charge de travail de l’usine bruxelloise, le groupe signe l’arrêt de mort de l’entreprise. Quatre mille ouvriers sur le carreau, plus de 6 000 en y ajoutant les sous-traitants : un nouveau désastre humain et industriel s’abat sur la population de la région bruxelloise déjà lourdement frappée par le chômage. Et nul ne nourrit d’illusions sur les vagues promesses du constructeur de Basse-Saxe de maintenir des emplois sur place. Il y a fort à craindre au contraire que c’est le site entier qui est voué à la casse.
Les engagements pris après Vilvoorde n’ont pas été tenus. “ C’est donc cela l’Europe sociale qu’on nous avait annoncée ? ” Paroles de colère souvent entendues dans les rassemblements de salariés accablés par la nouvelle, tombée comme le couperet d’une guillotine. Beaucoup avaient cru qu’après le massacre industriel perpétré par Renault, l’Europe aurait pris la mesure des drames provoqués par des restructurations motivées par la course aux dividendes. Volkswagen roule aujourd’hui dans les traces de Renault et la Commission européenne, qui siège à deux pas de là, ne fait que constater les dégâts et que réfléchir à quelques mesures d’accompagnement.
Le groupe de Wolfsburg ne saurait invoquer un quelconque “ patriotisme économique ” en parlant de “ rapatriement ” de la production en terre germanique. Il s’agit en l’occurrence de la délocalisation d’une production jusqu’ici réalisée en Belgique, qui a été décidée en fonction de critères de rentabilité immédiate au moment où la direction de Volkswagen vient d’obtenir dans ses usines allemandes un allongement du temps de travail sans augmentation de salaires. Ce nouveau coup s’inscrit dans la vague de restructurations qui fait rage dans l’industrie automobile européenne et frappe durement les salariés de l’ouest du vieux continent. “ Supercapacité ” se défendent les dirigeants des groupes. Il s’agit plutôt d’une volonté de surprofit et de surexploitation. C’est en effet la même logique qui guide les décisions de PSA, qui ferme l’usine anglaise de Ryton et annonce 10 000 suppressions d’emplois en Europe de l’Ouest, en même temps qu’il réduit les investissements, licencie des intérimaires et augmente les cadences. Ou de Renault qui veut réduire ses effectifs de 1 200 postes dans ses usines espagnoles de Palencia et de Valladolid. Pour tous ces constructeurs, l’heure est à la ruée vers l’Est où il est encore possible d’imposer des salaires “ low cost ”. On licencie à l’ouest et on exploite à l’est.
Vilvorde demeure une référence dans l’histoire récente du mouvement social pour avoir donné naissance à la première eurogrève. Les ouvriers belges, français, allemands… et tous les autres, leur solidarité avait aboli les frontières. Ce n’est pas rien même s’ils n’avaient pu arrêter le bras des liquidateurs aux yeux desquels les salariés ne sont que des variables d’ajustement sur le grand livre des profits. Il est permis de penser que cette solidarité peut se renforcer et s’avérer plus efficace aujourd’hui ; c’est du moins ce qu’espèrent les syndicats qui annoncent une manifestation internationale le 2 décembre.
La liquidation programmée de Forest interpelle en effet tous les salariés européens. Métalos de tous les pays de l’Union, unissez vous ! .