La « gauche de la gauche » fait salle comble
Mardi soir, près de mille personnes ont répondu à l'appel de la gauche anti-libérale à Caen. José Bové est toujours « candidat » au rassemblement. Après Le Mans, Grenoble et Montpellier, le mouvement unitaire de la gauche antilibérale faisait étape mardi à Caen. À quelques jours de la rencontre nationale programmée les 9 et 10 décembre, plusieurs personnalités de la « gauche de la gauche » ont continué à défendre le voeu d'une « candidature unique ». José Bové (militant altermondialiste) est venu accompagné de Clémentine Autain (maire adjoint à la mairie de Paris), Patrick Braouezec (député PCF de Saint-Denis) et Christian Picquet (LCR) et quelques autres. Olivier Besancenot (LCR) ou Marie-George Buffet (PCF) ont été interpellés, mais ni l'un ni l'autre n'était présent. En revanche, le meeting a fait salle comble : 900 à 1 000 personnes ont investi l'amphithéâtre Pierre Daure. Des sympathisants, des syndicalistes, des étudiants, quelques curieux. Récemment, José Bové a retiré sa candidature à l'investiture des collectifs anti-libéraux pour l'élection présidentielle. Seulement, à l'écoute de son discours, le retrait du militant altermondialiste ressemble plus à une forme de pression sur les leaders de la gauche radicale qu'à un recul pur et dur. La meilleure preuve est que l'intéressé continue de militer pour des primaires à la mode PS dans le but de désigner un candidat unique. « Pour gagner ces élections, il faut élargir. On fait le pari de redonner la parole au peuple. Tous les gens des meetings doivent voter. Il faut montrer que le candidat choisi aura l'appui de plusieurs milliers de personnes. » La jeune et pimpante Clémentine Autain est rangée à sa cause. « L'objectif est de faire campagne tous ensemble. Tout indique que, comme aux Pays-Bas, la gauche anti-libérale peut faire une percée électorale. » Patrick Braouezec tend lui à ratisser au-delà du « Non » à l'Europe : « Jusqu'aux déçus du socialisme, jusqu'au PS. Et je suis certain que la seule vraie surprise qui viendra du premier tour est celle qu'on obtiendra. » Christian Picquet n'est pas le moins véhément, parlant de « fonds de commerce de la droite » pour Ségolène Royal, de « Chirac en pire » pour Nicolas Sarkozy. « Il faut oser une VIe République pour couper à la monarchie présidentielle. Faire de nos différences une force. » Une force qui, c'est vrai, mobilise. Mais qui n'a, pour l'heure, réellement d'unitaire que le nom. Raphaël FRESNAIS. | ||