Marie Georges Buffet à RTL le 28-11-2006
mardi 28 novembre 2006 (12h23) :
Marie Georges Buffet à RTL le 28-11-2006
Marie-George Buffet : Bonjour...
- Vous avez été ministre des Sports pendant cinq ans, comment est-ce qu’on règle le problème de la violence au PSG ?
Mais moi, je crois qu’il faut faire réagir le club lui-même. Et peut-être qu’un des moyens c’est, au-delà de fermer la tribune de "Boulogne", de dire au PSG, si vous prenez pas vraiment des mesures efficaces, eh bien, vous allez jouer à huis clos...
- Combien de temps ?
Il faut voir, mais faut peut-être dire on va finir la saison comme ça, peut-être que ça fera réfléchir. Je sais que c’est peut-être pas très populaire mais enfin, on veut pas accepter quand même que les violences perdurent. Ca fait des années que ça dure.
- Votre conseil, c’est le huis clos au PSG, le temps que ça calme.
Ben oui.
- Donc, c’était sur RTL, le conseil de Marie-George Buffet... L’ambiance est très mauvaise à la gauche de la gauche. José Bové s’est retiré de la compétition présidentielle, il accuse le parti communiste de noyauter le mouvement anti-libéral pour imposer votre candidature à cette élection. "Je dénonce le double langage du parti communiste", a écrit José Bové, "Je dénonce ses pratiques d’un autre âge". Il est méchant avec vous...
Oui, mais vous savez, la mauvaise ambiance elle est au sommet là, elle n’est pas en bas. Les collectifs fonctionnent, ils sont en train de se réunir, ils discutent des candidatures, c’est le dernier étage à passer, on va décider, le 9 et le 10, de la candidature puis après faudra être en campagne.
- Ca fonctionne bien en bas parce qu’on dit que les militants communistes ont noyauté tous les.... tous leurs comités locaux...
Les militants communistes, ils créent des collectifs, ils les font vivre avec d’autres. C’est vrai qu’on est un peu plus nombreux et un peu plus implantés dans les entreprises, à la RATP on est maintenant 150 dans le collectif unitaire... Moi je participe à des collectifs à Blanc-Mesnil, il y a des non communistes, il y a des communistes, on est présents, mais bien évident...
- Et du coup, vous êtes majoritaires, et du coup c’est vous qui allez être désignée candidate...
On n’est pas majoritaire partout, bon, ça dépend des endroits, ça dépens de notre implantation, mais c’est la vie démocratique. Nous sommes le seul parti à avoir signé l’appel à une candidature unifié... alors, bien sûr, si les autres partis l’avait fait, je regrette qu’ils l’aient pas fait, la Ligue, elle s’est retirée, elle a présenté son candidat, c’est dommage. Maintenant, José s’en va, c’est dommage, mais c’est pas parce que deux personnes sont parties...
- Tout le monde s’en va...
Non, non, c’est pas deux personnes qui représentent les dizaines de milliers de personnes qui sont aujourd’hui dans les collectifs.
- Mais c’est deux personnes populaires...
Oui, mais c’est pas qui font... c’est pas eux qui font qu’il y a 3.000, 4.000 personnes dans les meetings, c’est aussi l’envie d’être ensemble, l’envie de construire un programme ensemble, c’est ce que nous avons réussi à faire. Donc, voilà, bon ben, il s’est retiré, j’espère qu’il va revenir mais enfin, c’est pas ça qui fera la vie dans les jours à venir.
- Alors, un texte circule, il est signé José Bové, justement, on le fait circuler, puis aussi Clémentine Autain... il appelle le parti communiste français à "prendre conscience que Marie-George Buffet n’est pas en mesure de représenter la diversité de notre rassemblement et à renoncer à cette candidature"... Pourriez-vous renoncer à votre candidature, Marie-George Buffet ?
Laissons les collectifs locaux décider. Pourquoi je renoncerais à une candidature qui a été proposée par des milliers de militants qui ont réfléchi, débattu, laissons la discussion se faire. Pourquoi il faudrait absolument que je me retire, avant que la démocratie joue ? Enfin, qu’est-ce que c’est ce chantage ?
- Donc la réponse est non...
Ecoutez, franchement, vous savez... moi je... j’étais dimanche en Bretagne, la veille, il y a eu 3.000 manifestants à Quimperlé parce que on... il y a des milliers d’emplois menacés... c’est partout pareil en France... et nous, on est ridicules, comme ça à s’envoyer des missiles, des e-mail pour dire tout sur telle ou telle candidature.. pensons un peu à ces hommes et ces femmes qui aujourd’hui espèrent quelque chose de neuf à gauche et soyons dignes de ce combat qu’ils mènent. Donc j’ai envie de dire, laissons la démocratie jouer, on s’est fixé des règles, le 9 et le 10 on aura un candidat ou une candidate, et puis après et bien il faudra mener la campagne et arrêtons de nous envoyer des trucs comme ça... et moi, je rentrerai pas dans ce jeu-là.
- Mais le 9 et le 10 vous risquez d’avoir une candidate, peut-être vous en l’occurrence, qui ne regroupera pas l’ensemble du camp du "non" de la gauche au référendum.
On essayera de regrouper le plus largement possible. Moi, mon combat c’est qu’on évite l’émiettement complet à gauche.
- Ca y est, c’est fait...
C’est fait... écoutez... il y a la candidature socialiste, oui, ça, elle est nommée... y a la candidature d’Arlette Laguillier, d’Olivier Besancenot... ben écoutez, moi je pensais que...
- La vôtre...
Je pensais que la ligue était sortie de cette démarche... bon, elle retourne dans cette démarche d’isolement... moi j’espère qu’il n’y aura pas demain une candidature communiste, une candidature altermondialiste, une candidature... on essaie de regrouper avec les collectifs le maximum, voilà... parce que la gauche a besoin maintenant de proposer des propositions alternatives sur l’emploi, sur la protection sociale, une nouvelle fiscalité, une nouvelle république, on a besoin de discuter des droits des salariés dans les entreprises, on a besoin de discuter comment on retrouve un secteur public dans ce pays... c’est ça qui préoccupe les gens... alors allons-y parlons de ça maintenant.
- José Bové a dit dans sa lettre de démission, c’était vendredi, que vous lui avez parlé depuis, vous vous êtes parlé depuis ?
Non, on s’est pas rencontrés... on se rencontrera peut-être dans un meeting unitaire cette semaine ou la semaine prochaine.
- Peut-être. La désignation de Ségolène Royal, ça donne pas un coup de vieux à cette gauche de la gauche qui arrive pas s’organiser ?
Ecoutez... moi, ça m’a fait réagir de la façon suivante, cette désignation. J’ai lancé un appel lundi dernier à l’ensemble des hommes et des femmes de gauche, notamment tous ceux qui s’étaient retrouvés dans la campagne du "non" contre le traité libéral de l’Europe, à se rassembler, à se rassembler pour faire en sorte que cette fois-ci la droite soit battue mais que la gauche réussisse. Et donc qu’elle défende un projet qui soit apte de répondre aux attentes populaires...
- Je comprends pas bien votre réponse... C’est-à-dire Ségolène Royal peut représenter ça, vous...
Non, non, si j’ai appelé les hommes et les femmes de gauche à se rassembler pour participer avec nous au collectif unitaire, c’est justement parce que je pense que Ségolène Royal ne peut pas faire réussir la gauche parce que, quand j’entends ce qu’elle dit, alors peut-être que les choses vont se préciser dans les semaines à venir, mais quand j’entends ce qu’elle dit, je ne vois pas comment elle pourrait avoir les moyens de développer une politique apte à contrer les logiques libérales en place. Comment elle va faire pour reconquérir des grands services publics si elle ne dit pas vraiment qu’elle va taper sur la table, au niveau de l’union européenne, pour exiger qu’on travaille à un nouveau traité, au niveau de l’union européenne et qu’on arrête les directives de libéralisation.
- Vous voyez le mouvement qu’il y a autour d’elle, vous voyez ce qu’elle suscite...
Mais bien sûr, parce que pour l’instant, Ségolène Royal, et c’est tout à fait... je le comprend parfaitement, représente celle qui peut battre Sarkozy. Et dans ce pays, et c’est, c’est très bien, beaucoup, beaucoup de gens veulent... ne veulent pas donner les clés de la République à Nicolas Sarkozy qu’ils considèrent, et comme moi, comme un homme dangereux au plan social et au plan démocratique. Et pour l’instant, parce que justement la gauche anti-libérale ne s’est pas encore mis vraiment en position de montrer qu’une autre voie est possible à gauche, eh bien, elle représente cette possibilité de battre la droite.
- Désigner une femme, a-t-elle dit, c’est avoir fait un geste révolutionnaire...
Mais, plus les femmes ont de place en politique, comme dans... au niveau économique, comme au niveau social, plus je pense que ce sera source de progrès de civilisation.
- Vous êtes membre de... secrétaire nationale même du parti communiste français, Marie-George Buffet, le parti communiste continue de gérer la région Languedoc-Roussillon avec Georges Frèche, malgré ses déclarations, Jean-Claude Gayssot en est toujours le vice-président.
Ecoutez... moi, j’ai été très claire. J’ai fait un communiqué encore vendredi pour dire que je demandais la démission de Georges Frèche. Et je dirai, comme l’a dit Alain Duhamel...
- Mais vous êtes toujours associés à la gestion de la Région... par l’intermédiaire de Jean-Claude Gayssot...
Oui, mais ça c’est la décision de nos élus et je ne leur donnerai pas d’ordre et c’est une discussion que nous avons... j’aurai d’ailleurs Jean-Claude au....
- Donc il y a deux langages...
Non, le parti communiste a une position claire. Ne dites pas qu’il y a deux langages et les camarades de la région, les élus, ont obtenu une délégation officielle qui aura des moyens pour mener une grande campagne contre le racisme sur cette région.
- Je confirme, Marie-George Buffet est toujours candidate à l’élection présidentielle.
