CAC 40: DES PROFITS RECORDS
CAC 40: DES PROFITS RECORDS
sur le dos des salariés
Les entreprises cotées au CAC40 continuent d’afficher l’insolence de leurs résultats.
Dans la folie de ces chiffres, dont le nombre de zéros est à des années-lumière du revenu d’un citoyen ordinaire, on devrait se résoudre à accepter cela comme une fatalité. Nous serions face à un processus abstrait, sans lien, ni cause, ni effet, avec la vie quotidienne de millions de salariés, de chômeurs, de vieux ou de jeunes, d’hommes et de femmes, bref, avec l’état de la société et du pays. Et si l’on se prend à rêver d’un usage utile socialement de cet argent, les grands prêtres du MEDEF et leurs serviteurs en appellent alors au fétiche d’une “ mondialisation ”, phénomène aussi obscur qu’implacable et inéluctable. Non seulement tout cela découlerait d’un ordre aussi naturel que celui qui prévaut à la formation de cumulus orageux au-dessus du golfe du Morbihan, mais il faudrait accélérer le mouvement pour que cet ordre-là domine enfin et définitivement toute la France.
À quel prix Total obtient-il en un mois les bénéfices qu’il réalisait en un an en 1998 ? Grâce à la spéculation sur les cours du pétrole, quand une fiscalité injuste alourdit dramatiquement la note de consommation d’essence ou de fuel domestique. À quel prix les banques, les assurances financent-elles des fusions-acquisitions qui grossissent le portefeuille déjà bien fourni de leurs actionnaires ? Spéculation, racket sur les tarifs, et pression sur l’emploi et les salaires. Dans le paysage, les résultats de groupes industriels tels Renault et Peugeot valent retour au réel de l’économie de casino, qui devrait être la norme pour les années à venir. Pour suivre la course aux profits à deux chiffres que réclame la Bourse de Paris, la pression sur le travail et les salaires a l’effet boomerang et guère surprenant d’une consommation en berne.
Plus de 24 milliards d’euros ont été versés en dividendes l’an passé. 2006 devrait aller encore plus loin. 24 milliards d’euros… 2005 a vu un autre record. Pour la première fois, le nombre de salariés payés au SMIC a atteint les 16,8%. Le salaire médian, c’est-à-dire le niveau en deçà duquel se trouvent la moitié des salariés, place la France au quatorzième rang européen. Pour battre ces records qui ne profitent qu’à une minorité, le prix à payer est de toujours plus entraîner le pays dans la spirale de la pauvreté et la précarité de masse. Mondialisation ? La France a le deuxième rang mondial pour les investissements étrangers et ses entreprises, elles, n’arrêtent pas d’investir à l’étranger, pour mettre encore plus en concurrence entre eux sites et salariés. C’est à ce prix que cinq millions de personnes sont écartées durablement de tout emploi tandis que l’essentiel des entrées à l’ANPE et des offres concernent des emplois précaires. Alors, fatalité ou choix économiques et politiques pris ici même ?
Les bénéficiaires de l’explosion des inégalités sociales peuvent compter sur la droite au pouvoir. Douze mille dirigeants d’entreprise verront 75% des actions qu’ils détiennent exonérées de l’impôt. C’est un des cadeaux fiscaux du budget 2006, celui-là même dont Thierry Breton est si fier qu’il soit “ à droite ”. 10 % des ménages les plus aisés auront de même un “ cadeau ” fiscal de 1 milliard d’euros. Huit mille contribuables à l’impôt de solidarité sur la fortune recevront une prime de 280 millions d’euros au printemps prochain. Juste avant l’élection présidentielle… Du SMIC à 1500 euros, qui n’écorneraient guère ces fortunes sans frein, au maintien de la maîtrise publique de l’énergie, en passant par la construction de parcours de sécurisation sociale, l’argent ne manque pas. Il coule à flots. Mais pas dans les bonnes poches.
L’été donne la mesure des obstacles à lever pour aider la gauche à relever ces défis en 2007 n
Publicité