GDF / SUEZ

Publié le par Section JOIGNY

 
GDF / SUEZ
service public ou intérêts privés ?

En décidant de présenter un projet de privatisation de GDF, le gouvernement revient sur son engagement de 2004, voté par sa propre majorité et n’autorisant pas l’État à descendre sous la barre des 70 % dans le capital
de GDF. 
Si, demain, une étape majeure et supplé­mentaire de la privatisation de GDF était franchie, les tarifs du gaz senvoleraient encore. Ainsi que les bénéfices et la rémunération des actionnaires.
Vouloir fusionner GDF et Suez, ce nest pas mettre à labri, lensemble, dune OPA hostile. Ce nest pas en faire un grand groupe gazier : lactivité gaz de Suez ne représente que 25 % de celle de GDF. Cest en revanche vider les caisses du service public GDF pour les action­naires de Suez. Cest supprimer les emplois en doublon dans les deux entre­prises comme cest le cas pour toutes les fusions. Cest accepter les contreparties demandées par Bruxelles dans sa lettre de “ griefs ” et céder à la concurrence des activités importantes de lensemble fusionné. Il faut arrêter le projet gou­vernemental et examiner toutes les pistes pour protéger les activités et les salariés de Suez dune opération financière hostile, sans privatiser GDF.
Se chauffer et séclairer convenable­ment, pouvoir laver et repasser son linge, disposer de réfrigérateurs et de climati­seurs économes en énergie, avoir accès aux outils de communication, vivre tous les jours nécessite un accès équitable à lénergie. Cest pourquoi lénergie ne doit pas être une marchandise comme une autre, mais constituer un bien com­mun répondant aux besoins des femmes et des hommes. Elle ne doit pas servir à laccumulation de bénéfices pour quel­ques-uns.
Marchandiser lénergie, le gaz, cest pri­ver la société des moyens de répondre à des besoins essentiels pour léconomie, lindustrie, les coopérations internatio­nales ; cest priver les êtres humains de leurs droits, dégrader la qualité de ser­vice et la sécurité, aggraver les inégalités, sacrifier lemploi, le social, et lenviron­nement ; cest libérer les prix et donc exclure une partie de la population du droit à lénergie. Cest ainsi que davril 2005 à avril 2006 le prix de lélectricité produite par le secteur privé a vu ses tarifs augmenter de 48 % en France et que lécart des prix avec EDF atteint 66%.
La gauche revenue au pouvoir doit prendre lengagement dabroger toutes les mesures de privatisation prises par la droite, mais également de créer les conditions dun véritable service public de lénergie en France comme au niveau européen.
Dans ce sens, nous avançons quatre pro­positions pour une alternative à la priva­tisation : geler immédiatement la privati­sation de GDF et la fusion avec Suez ; engager un débat contradictoire et public sur lavenir de la politique éner­gétique associant toutes les parties concernées, élus, syndicats, usagers ; créer Énergies de France en fusionnant EDF et GDF, à 100 % public et en cons­tituant un pôle public de lénergie, ins­trument indispensable dune politique énergétique cohérente et maîtrisée ; ren­forcer la présence des organismes publics dans le capital de Suez (Caisse des Dépôts & Consignations, COGEMA, etc.) pour éviter le risque réel dOPA sur Suez ; garantir la sécurité dapprovision­nement et la stabilité des tarifs ; lEu­rope est confrontée à plusieurs défis sur lénergie : elle doit faire face au risque de pénurie, Pour y répondre, il faut sor­tir de la logique de guerre économique et des fusions-absorptions destructrices pour lemploi et incapables de répondre aux besoins. Une politique énergétique coordonnée et ambitieuse implique lar­rêt du processus de libéralisation. À lin­verse de la concurrence actuelle, il sagit au contraire dorganiser la coopération entre producteurs.
Avec une forte mobilisation des usagers, des élus des citoyens, des syndicats gaziers et électriciens, comme on la vu le 12 septembre, il est possible de stop­per la disparition de GDF.
 Les députés communistes sont déterminés, en sap­puyant sur votre mobilisation et votre action, à faire échec à ce projet de loi. Ils demandent louverture dun débat national et lorganisation dun référen­dumn.
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Publié dans CONSOMMATION

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