Avis de mobilisation sur le pouvoir dachat.
POUVOIR D’ACHATune question majeure en 2007
Avis de mobilisation sur le pouvoir d’achat.
En cette rentrée, les syndicats de salariés mettent cartes sur table et annoncent la montée des revendications sur ce terrain. La CGT alertait dès juin en faisant signer une pétition pour un SMIC à 1 500 euros tout de suite. Dans un pays où 12,4 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, où 16,8 % des salariés sont des smicards, où dans un secteur comme le commerce 40 % gagnent moins de 1 000 euros par mois – pour la plupart des femmes qui souvent élèvent seules leurs enfants et sont pourtant contraintes d’accepter des horaires de travail explosés – dans ce pays donc, le nombre de ceux qui n’en peuvent plus de serrer leur budget ne cesse de grandir. Alimentation, loyer, fioul, essence, tout a augmenté. Vacances supprimées, emprunts en cascade…, des familles sont prises à la gorge.
Du côté du gouvernement, année électorale oblige, après l’échec cinglant sur le CPE, il s’agit d’éviter un emballement social, d’éteindre le feu qui couve. On fait mine d’entendre cette souffrance et, à grand renfort de communication, d’y répondre. Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin versent des larmes de crocodiles. Mais les recettes servies sont toujours de la même veine. De celle qui depuis des années a fait se creuser les inégalités, permis que les dividendes versés aux actionnaires soient multipliés par neuf en vingt ans quand le SMIC était multiplié par deux. De celle qui a amené la France au premier rang européen des rémunérations des dirigeants d’entreprises, mais au 14ème rang pour le salaire médian des salariés.
Aujourd’hui encore, pas question pour ce gouvernement UMP de demander aux patrons de mettre la main à la poche pour augmenter les salaires. Pas question pour lui de revenir sur les baisses d’impôts accordées aux plus riches quand nombre de services publics se retrouvent exsangues. Pas question de revenir sur les exonérations de cotisations patronales alors que, selon la Cour des comptes elle-même, ces cadeaux sont loin d’avoir eu les effets escomptés sur l’emploi mais ont plutôt conforté les marges des entreprises. Pas question de montrer l’exemple par une revalorisation des salaires dans la fonction publique, le choix est là affiché de miser sur l’individualisation, le salaire dit “ au mérite ” qui vise surtout à casser les solidarités.
Principale mesure annoncée en cette rentrée par Dominique de Villepin pour répondre au besoin urgent d’améliorer le pouvoir d’achat des salariés : le doublement de la prime pour l’emploi. Bonne affaire pour les patrons, c’est l’État, autrement dit la collectivité, qui paie cette prime. C’est la collectivité qui paiera son doublement. Quant à l’autre mesure, le chèque transport destiné à compenser la hausse du prix de l’essence, il sera l’occasion de nouvelles exonérations de charges patronales.
Dans ces conditions, il est plus que probable, et les échos des mobilisations en cours le laissent penser, que le sujet du pouvoir d’achat et des salaires ne sera pas épuisé en quelques semaines, mais s’invitera comme une question majeure dans les campagnes électorales à venir.
Du côté de la gauche, le PS demande cinq ans pour porter le SMIC à 1 500 euros, montant qu’il dit atteindre à la fin de la prochaine législature ; le PCF propose 1 500 euros immédiatement. Mais, pour les communistes, cet engagement est loin de suffire et la grande question est celle des moyens à mettre en œuvre pour réellement utiliser autrement l’argent, le crédit, empêcher l’accaparement des richesses par quelques-uns, mettre en place un nouveau type de croissance solidaire, respectueux du développement de chacun et de l’avenir de la planète. Un débat qui mérite d’être ouvert dès maintenant avec tous, dans tout le pays .
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