la prime pour l’emploi (PPE) contre les salaires

Publié le par PCF

 
POUVOIR DACHAT
       la prime pour lemploi (PPE) contre les salaires

Si daucuns en doutaient, lagitation gouvernementale sur le sujet devrait les convaincre : la faiblesse du pouvoir dachat est bien une préoccupation majeure en cette rentrée.
Léquipe Villepin multiplie ces jours-ci les annonces de mesures “ nouvelles ”… quitte à recycler des décisions prises il y a un an. Ainsi du chèque transport (30 euros mensuels, loin de compenser len­volée des prix à la pompe) déjà promis par le même Villepin en septembre 2005. Ainsi de la prime pour lemploi (PPE) qui, claironne le pouvoir, “ sera revalorisée lan prochain ”.
Dun mon­tant de 714 euros pour un salarié céliba­taire avec un salaire proche du SMIC, ce chiffre sera “ encore revu à la hausse et devrait sétablir à 809 euros lan pro­chain ” se vante le ministre du Travail. “ Encore ”? En réalité, cette hausse figure dans le budget 2006 voté il y a un an, qui prévoyait de majorer de 50% en deux ans le montant maximal de la PPE. On laisse entendre aujourdhui que le gouvernement nexclurait pas un coup de pouce supplémentaire en utilisant le surplus de recettes fiscales engendré par la croissance du PIB. En mettant en scène, soit dit en passant, de fausses querelles entre ministres plus ou moins portés sur le social… En vérité, le pou­voir cherche désespérément à se donner une image de justice sociale. Mais la PPE nest guère le meilleur exemple.
Près de neuf millions de foyers modestes touchent cette prime dite “ pour lem­ploi ”. Mis en place par le gouvernement Jospin en 2001, sous limpulsion de Laurent Fabius, alors locataire de Bercy, repris et amplifié par la droite depuis 2002, ce dispositif consiste en un crédit dimpôt accordé aux salariés rémunérés jusquà 1,4 SMIC. La PPE est censée encourager la reprise ou le maintien dans lactivité des actifs à faibles revenus, en compensant la diminution de ressour­ces souvent subie lors du retour en emploi, du fait notamment de la perte daides sociales. Fortement inspirée de limpôt négatif en pratique aux USA, cette mesure fait partie de larsenal libé­ral pour baisser le “ coût du travail ”. Comme les exonérations de cotisations sociales, elle part du principe que ce coût serait trop élevé.
Avec la PPE, il sagit donc de pousser les salariés à accepter des emplois mal payés, souvent précaires, moyennant une petite compensation versée par lÉtat. Trois milliards deuros de fonds publics y sont consacrés cette année. Le pouvoir dachat nen tire au bout du compte guère avantage : le journal La Tribune vient de rappeler que lactuel regain des ménages ne repose pas sur leur pouvoir dachat mais sur leur épargne.
Par contre, avec la PPE, le gouvernement cautionne et encourage la politique de bas salaires (la moitié des rémunérations stagnent au-dessous de 1,6 SMIC) du patronat ainsi déresponsabilisé. À lop­posé de ses discours sur la “ valeur tra­vail ”, il contribue à le dévaloriser.
Les miettes que Villepin sapprête à dis­tribuer sous forme de PPE, chèque trans­port ou allocation dinstallation pour des étudiants laissent bel et bien entière aux yeux des syndicats la question dun relèvement sensible des salaires, dans le privé comme dans la fonction publique où le pouvoir dachat a baissé de 6 à 7% depuis 2000 .

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Publié dans Economie

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