Forces de paix

Publié le par L Humanité

Forces de paix

Alors que les ministres des Affaires étrangères

de l’Union européenne se réunissaient à Bruxelles en présence du secrétaire général des Nations unies, le porte-parole du ministère israéliendes Affaires étrangères réaffirmait la volonté de son pays de maintenir le blocus aérien et maritime du Liban. Les bombes à fragmentation continuent de tuer au Liban. Le pays est en ruine, après les quelque 7 000 bombardements qui ont visé essentiellement les populations civiles.

 Le cabinet Olmert persiste donc à brandir l’argument du « désarmement du Hezbollah » pour masquer la nature de l’agression commise depuis le 12 juillet. Le Liban, se relevant d’une guerre civile et de précédentes invasions israéliennes, et qui vientbde se dégager enfin de l’occupation syrienne, n’aspire qu’à trouver la paix, et il commençait à s’engager dans la voie d’une réconciliation nationale par-dessus les frontières communautaires. Il doit de nouveau se reconstruire.

Dans ce pays en ruine, il ne saurait donc être question de transformer les forces de paix de l’ONU en « supplétifs » de « Tsahal ». Sur la base de l’expérience éprouvée par la Force d’interposition des Nations unies au Liban jusqu’à cette guerre-ci, le rôle que sa version élargie serait appelée à jouer désormais ne saurait souffrir d’imprécisions ni de flou dans son nouveau mandat et quant aux moyens dont elle disposera effectivement pour le mener à bien. Selon le président de la République française, jeudi soir, le secrétaire général de l’ONU ainsi qu’Israël auraient enfin fourni l’assurance que la FINUL « serait à même de remplir sa mission sur le terrain ».

Cette mission participe des efforts diplomatiques pour contribuer à une « solution durable à la crise » qui concerne « la libération des soldats israéliens enlevés, le retour des prisonniers libanais, la démarcation des frontières, particulièrement dans la région des fermes de Chebaa ». Quant au « désarmement des milices », il doit, a rappelé Jacques Chirac citant la résolution 1701, « s’effectuer dans le cadre d’un processus libanais ». C’est sur cette base d’ensemble que, désormais, une force d’interposition peut voir le jour, et la France y contribuer.

Tout ce qui pourra conforter le Liban dans la voie du rétablissement de sa souveraineté sera positif, pour ce peuple dans son ensemble et pour ceux de la région, Israéliens compris. Le choc de la résistance nationale libanaise avec le Hezbollah - mais aussi avec les combattants d’Amal et du Parti communiste libanais - a déclenché une crise politique en Israël même. Dans ce pays, deux citoyens sur trois réclameraient la démission du premier ministre Ehud Olmert, selon un sondage publié vendredi. Victime de sa compromission dans la guerre, le Parti travailliste s’effondrerait de même à la Knesset en cas d’élections anticipées.

 C’est la droite la plus ultra qui profiterait de ce séisme. Alors que plus de 180 Palestiniens ont été tués à Gaza depuis le 28 juin, l’entêtement à refuser le dialogue politique pour lui préférer le langage de la force et de la guerre adopté par Ariel Sharon, ne conduit qu’à une seule et même conclusion : on trouve toujours plus extrême que soi.

L’ouverture sur le terrain libanais est on ne peut plus fragile dans ce contexte. Elle demande à être suivie avec attention et vigilance de la part de toutes celles et tous ceux qui se sont déjà mobilisés, un peu partout sur la planète, durant cet été meurtrier. « Il n’y aura pas de solution durable pour la paix et la coopération dans la région s’il n’y a pas de reconnaissance des droits du peuple palestinien », a rappelé hier Marie-George Buffet. La chancelière allemande et le chef de l’État français appellent également de leurs voeux la réactivation du « quartette » (ONU, États-Unis, Union européenne et Russie) au Proche-Orient.

C’est le moment.

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Publié dans PRESSE NATIONALE

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