Une nouvelle page du communisme
En clôturant à la Défense les travaux d’une assemblée extraordinaire du PCF particulièrement remuante, Marie-George Buffet n’a pas manqué d’ironiser sur ceux qui, une fois de plus, rêvaient d’assister aux obsèques annoncées de son parti. Les 1 500 participants n’avaient en effet rien perdu de leur verve et le ton des débats fut même parfois très chaud. C’est que, s’ils ne sont pas morts, les communistes avaient au contraire, lors de ce premier grand rendez-vous national depuis la défaite présidentielle, beaucoup de choses à se dire et beaucoup à dire à leur direction à l’adresse de laquelle ils n’ont pas mâché leurs mots.
La secrétaire nationale du PCF s’est mise au diapason, prenant elle aussi la parole avec passion en plein cœur d’un échange haut en couleur précédant les décisions finales adoptées au bout du compte à plus de 72 %. Appelant à ne pas renoncer mais à “ révolutionner le PCF ” en s’enrichissant de toutes les idées neuves actuellement jetées dans le débat, la dirigeante communiste a dit sa conviction que sans cet effort collectif, on risquait dans un an au congrès du PCF “ de se bousculer ”, certes, mais “ dans une impasse ”.
Refusant clairement de mettre leur parti entre parenthèses, mais conscients de la nécessité d’explorer plus avant le débat, la plupart des délégués ont conclu en adoptant une feuille de route qui marie clairement leur impatience d’agir et leur désir d’aller ensemble au bout de la discussion. La tonalité et la teneur des débats de ce week-end ont confirmé que le processus engagé au PCF n’avait rien d’ordinaire. Le lancement du congrès communiste de la fin 2008 ne devrait donc en rien ressembler à une entrée en conclave, mais démarrer dans un foisonnement d’initiatives publiques d’action et de réflexion. Les militants ont décidé de travailler toutes les pistes de réflexion “ de manière ouverte et innovante ”, sans anticiper sur leur point d’atterrissage, mais en invitant clairement à refaire tourner au plus vite le moteur PCF à plein régime.
Les décisions prises lors des assises communistes de la Défense sont à accueillir comme une bonne nouvelle. La gauche et les forces sociales ont besoin de cette énergie communiste pour retrouver le maximum de punch. Surtout si cette énergie, et c’est bien le cas, entend servir de carburant, avec d’autres, à de nouvelles dynamiques politiques et citoyennes de changement .