DERRIÈRE LES PAILLETTES

Publié le par PCF

 
DERRIÈRE LES PAILLETTES
une machine de guerre
pour les législatives

Tout fait com. Les courses de madame à St Trop, le jogging de monsieur, le couple présidentiel
à Cannes, oui ? Non ? Peut-être ?
Même les rumeurs sont mises en scène. Tout ce cinéma relègue au second plan des attentions la machine de guerre lan­cée par Fillon pour les législatives. Le bras droit de Sarkozy a décidé de s’im­pliquer lui-même dans la campagneen briguant un siège de député dans ses terres sarthoises. Un signal donné aux hiérarques de l’UMP : il faut pousser l’avantage et se ruer sur l’Assemblée nationale pour y disposer d’une majo­rité si ample que l’opposition y soit étouffée. Le Premier ministre a une feuille de route si exigeante qu’il ne peut rien laisser au hasard. Il travaille donc à désarmer la gauche pour mieux imposer les réformes que réclame le MEDEF.
Les numéros de passe-passe de “ l’ou­verture ” font partie de l’arsenal. Ils tapent là où ça fait mal, après la nette défaite de la candidate socialiste le 6 mai. Kouchner, soutien de Bush pour la guerre en Irak, ne peut passer pour un homme de gauche que parce que cette dernière a laissé pâlir ses repères. Quant à JP Jouyet, commis aux Affaires euro­péennes, il n’avait de cesse de pousser un PS désorienté vers le centre… dont on voit aujourd’hui qu’il n’était qu’un masque de la droite sarkozyste. Le reste n’est que l’éternel marchandage de la conscience contre le plat de lentilles. Mais la mise en évidence du quatuor de ralliés vise à décourager les énergies susceptibles de s’opposer à l’UMP.
Derrière les paillettes des mots, les grains des faits apparaissent pourtant. Que reste-t-il du passage de Sarkozy chez EADS, à grand tapage de micros et de caméras ? Le plan Power8 et ses 10 000 licenciements demeurent. Et la liste des sales coups se poursuit : l’usine de Méaulte sous menace de filialisation avant liquidation peut-être, les salaires scotchés à leur niveau actuel, les fonds publics mobilisés pour recapitaliser… mais afin de livrer aux marchés finan­ciers et aux actionnaires privés une société Airbus en parfaite santé.
Le gouvernement dispose de trois semai­nes pour arracher le meilleur rapport de forces possible d’ici l’été, afin alors d’imposer le maximum de réformes libérales lors d’une session extraordi­naire de l’Assemblée nationale. Les pre­miers rounds du combat sont prévus contre les syndicalistes sur le temps de travail, le contrat de travail ou la limitation du droit de grève. Mais la liste est longue : les cadeaux fiscaux pour les plus riches et la hausse de la TVA pour tous, la réduction des moyens destinés aux services publics et à l’école, le SMIC maintenu au plus bas, la précarité éten­due, l’immigration opposée à la nation, les jeunes soupçonnés et lourdement condamnés par la justice… Les premiers épisodes de l’avènement de Sarkozy donnent par petites touches la nature du pouvoir qui se met en place : le règne public des oligarques rassemblant les moyens de l’État, le contrôle du capital et la maîtrise des médias dans une rare intimité ; une hyper présidentialisation du régime qui prend des allures de direction de multinationale avec un Messier de la politique à sa tête ; un travail idéologique de grande ampleur pour associer les citoyens à leur mise en coupe réglée…
La première étape pour résister à ce nouvel ordre politique se déroule avec les élections législatives. Les salariés, les jeunes, la population en général vont avoir besoin d’élus qui constitueront des appuis solides pour leurs mobilisations. Cet impératif, qui implique une excel­lente mobilisation électorale de la gau­che, doit s’accompagner d’un véritable projet de transformation de la société. L’épisode des quatre girouettes gouver­nementales désormais tournées vers la droite confirme combien c’est néces­saire n

 
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Publié dans PRESSE NATIONALE

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