des salariés exploités même le dimanche

Publié le par PCF

 
LA FRANCE D’APRÈS?
des salariés exploités même le dimanche
 
 
 
 
D’un côté, des salariés sous-payés, précarisés, soumis à l’arbitraire et à la répression, contraints de travailler le dimanche. De l’autre, des salariés qui tuent leur après-midi dominical dans les allées encombrées d’une zone commerciale à la recherche de prix compatibles avec leur maigre pouvoir d’achat.
Telle est la vie rêvée pour nous par Nicolas Sarkozy et les chantres du libéralisme. Le débat sur le travail du dimanche, opportunément relancé à l’occasion des fêtes de fin d’année, ne saurait en effet se réduire à des questions de confort, à la possibilité ou non cette année de faire nos dernières emplettes quelques heures avant l’arrivée de la famille ou des amis attendus pour le réveillon.
Depuis plusieurs mois, des enseignes, dépendant de grands groupes de la dis­tribution, se livrent à une véritable gué­rilla contre les salariés et contre la jus­tice. Le repos du septième jour est remis en question avec un rare acharnement au nom de la liberté d’acheter quand bon nous plaît. Les dirigeants du MEDEF et les penseurs de l’UMP invoquent la liberté des salariés consommateurs pour imposer à une catégorie de travailleurs une aggravation de leurs conditions de vie. Ils tentent de diviser des hommes et des femmes qui ont pourtant des intérêts communs : être mieux payés pour con­sommer mieux et disposer d’un temps de loisirs suffisant pour que les achats domestiques ne volent pas la vie fami­liale, culturelle, sportive, bref tout ce qui concourt à l’épanouissement personnel. Mais, chacun l’aura compris, derrière les mensonges, ce qui est en jeu, c’est la recherche du taux de profit maximal des géants de la distribution, c’est l’ali­mentation sonnante et trébuchante des actionnaires que l’on rencontre rare­ment le dimanche à Usine Center de Villacoublay ou le long de l’autoroute Aix-Marseille sur la zone de Plan de Campagne…
Les travailleurs concernés, avec leurs syndicats, ont raison de s’opposer au recul social que l’on voudrait leur impo­ser. Leur combat n’est pas corporatiste, comme disent les contempteurs des mouvements sociaux. Il touche à la conception même de la société. “ Travailler plus pour gagner plus ”, le slogan de Sarkozy est trompeur et mar­qué du sceau du populisme, mais il exprime pourtant le sort dévolu aux salariés et aux familles modestes à l’aune du libéralisme : une insécurité sociale accrue poussant chacun et cha­cune à s’échiner pour s’en sortir indivi­duellement, sous l’épée de Damoclès du chômage et de la précarité. Quand la moitié des Français craint de devenir un jour sans abri, comme l’a révélé une étude d’Emmaüs, on mesure l’angoisse sociale que la droite au pouvoir a réussi à faire régner.
Tout se tient. Les attaques contre les 35 heures, la libéralisation et la levée de charges sur les heures supplémentaires participent à la fois des pressions sur les salariés pour les rendre corvéables, au bon plaisir de l’entreprise et de la réduc­tion du temps libre. C’est ça, la France d’après ! .
 
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