La fin de pinochet
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Pinochet, de la Bretagne à la "Caravane de la mort"
L’ancien dictateur chilien Augusto Pinochet, 91 ans, hospitalisé ce dimanche à l’hôpital militaire de Santiago pour une crise cardiaque, a dirigé pendant 17 ans l’un des régimes militaires les plus répressifs d’Amérique latine.
Bretagne
Né le 25 novembre 1915 à Valparaiso (100 km à l’ouest de Santiago), fils de militaire et issu d’une famille française ayant quitté la Bretagne au début du XVIIIe siècle, Augusto Pinochet Ugarte n’a jamais terminé ses études, ayant été renvoyé pour indiscipline. A 15 ans, il postule à l’école militaire, mais n’y sera admis qu’à la troisième tentative en 1932. En 1940, il épouse Lucia Hiriart, dont il aura trois filles et deux garçons. Sept ans plus tard, le capitaine Pinochet dirige à Iquique, dans le nord du Chili, un camp où sont emprisonnés les dirigeants du PC proscrit par le président Gabriel Gonzalez Videla (1946-1952).
"L’homme"
Quand le 4 septembre 1970, le socialiste Salvador Allende est élu président, Augusto Pinochet obtient le grade de général. Lorsque le général Carlos Prats démissionne du commandement en chef de l’armée en août 1973, il recommande comme successeur Pinochet, qui lui "a donné tant de preuves de sa loyauté". Trois semaines plus tard, le 11 septembre 1973, Augusto Pinochet dirige le coup d’Etat qui entraîne le renversement et le suicide d’Allende. Pour les milieux d’affaires et la droite, Pinochet est "l’homme qui a sauvé le Chili du communisme" et fait décoller le pays en privatisant les grandes entreprises d’Etat.
Pas de décennie supplémentaire
Les exécutions massives d’opposants après 1973 ont été le premier signal du prix qu’allait payer la société chilienne pour la "démocratie protégée" du "péril communiste" dont rêvait Pinochet. S’y ajoutent l’emprisonnement des dirigeants de gauche, l’exil de centaines de milliers de personnes et la répression violente des manifestations qui, à partir de 1983, réclament le retour à la démocratie. En 1986, il échappe à un attentat du Front patriotique Manuel Rodriguez (FPMR), groupe armé lié au Parti communiste. Lors du plébiscite de 1988, plus de 53% des votants disent "non" à son souhait de rester au pouvoir une décennie de plus. En 1990, il doit céder le pouvoir au démocrate-chrétien Patricio Aylwin.
"Caravane de la mort"
A partir de 1994, sous la présidence d’Eduardo Frei, Pinochet se fait discret. Il reste cependant à la tête des forces armées jusqu’en mars 1998, date à laquelle il devient sénateur à vie. Se croyant protégé par son immunité parlementaire, il se rend en septembre 1998 à Londres, où il sera détenu pendant 503 jours à la demande du juge espagnol Baltasar Garzon. Libéré pour raisons humanitaires, il rentre au Chili le 3 mars 2000, pour répondre de plaintes en justice. Il est inculpé en décembre et assigné en résidence par le juge Juan Guzman pour l’affaire de la "Caravane de la mort", un escadron militaire qui a parcouru le pays en 1973 pour assassiner des opposants. La Cour suprême classera l’affaire en juillet 2002, évoquant sa "démence légère".
Libération sous caution
En 2004, les poursuites sont relancées dans le dossier de l’Opération Condor (destinée à éliminer les opposants), la Cour suprême décidant de lever l’immunité dont bénéficiait Pinochet comme ancien président. En novembre 2005, l’ancien dictateur est assigné 49 jours à résidence pour l’Opération Colombo (massacre d’opposants en 1975) mais aussi pour fraude fiscale (il est accusé d’avoir placé plus de 27 millions de dollars à l’étranger). Il sera libéré le 12 janvier 2006. Ecroué et placé aux arrêts domiciliaires le 30 octobre pour les crimes de la prison secrète de la Villa Grimaldi, Pinochet a bénéficié dix jours après d’une libération sous caution. Le 27 novembre, un juge chilien a ordonné son arrestation et son assignation à résidence pour dans le cadre de l’affaire de la "Caravane de la mort". (belga)
http://www.7sur7.be/hlns/cache/fr/d...
De : Bruno Lamothe
dimanche 3 décembre 2006
