Urgence. La gauche anti-libérale doit se ressaisir
Urgence. La gauche anti-libérale doit se ressaisir
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José Bové vient d’annoncer aux collectifs anti-libéraux qu’il retirait sa proposition d’incarner notre rassemblement en 2007. J’en ai été estomaquée. Dans sa longue lettre (lire ici), il renvoie dos à dos le PCF et la LCR, responsables de l’impasse dans laquelle se trouve le processus unitaire.
Le geste de José Bové est une manière de tirer la sonnette d’alarme. Prenons-le comme tel. Tout le monde doit se ressaisir. Vite, très vite. Nous devons sortir par le haut de cette situation. Et pour cela, chacun doit y mettre du sien.
La LCR a depuis longtemps mis de l’huile sur le feu en refusant d’intégrer pleinement la démarche unitaire. La surenchère de conditions, l’argumentation autour de prétendus désaccords n’ont pas traduits une ferme détermination de la majorité de la LCR d’aboutir à un accord et c’est un euphémisme !
Olivier Besancenot ne cesse de demander une clarification sur nos liens avec le PS. Nous l’avons dit et répété, nous ne voulons pas d’une gauche plurielle numéro 2, nous ne participerons pas à un gouvernement dominé par le social-libéralisme. Comment être plus clair ?
La LCR a toute sa place dans le cadre unitaire, fort de toutes ses sensibilités : communistes, alternatifs, écolos, altermondialistes, socialistes anti-libéraux, républicains de gauche, etc. Nous sommes ensemble dans les luttes, notamment depuis l’hiver 1995. Ensemble, nous avons mené la campagne victorieuse contre le Traité constitutionnel européen. Ensemble, nous pouvons aujourd’hui passer de la contestation à l’alternative. A une condition : le rassemblement de toutes les forces anti-libérales, seul à même de créer une dynamique populaire. Nous sommes la gauche de transformation sociale, celle qui n’a pas renoncé à changer la société, à répondre aux besoins de changements profonds des classes populaires, à combattre le dogme libéral, à promouvoir l’émancipation individuelle et collective.
Les collectifs se sont dotés d’une stratégie et de 125 propositions. Il serait franchement pathétique d’exploser en vol parce que nous n’arriverions pas à nous entendre sur ” qui ” pour figurer sur le bulletin de vote. Dans cette dernière ligne droite, le PCF a un rôle décisif à jouer. S’il impose par la force son choix de candidature, le processus unitaire sera conduit à l’échec. Or la majorité des sensibilités de notre espace commun a déjà fait savoir qu’elle ne participerait pas à une campagne qui apparaîtrait comme un rassemblement autour d’un parti, fut-ce le plus important. La clé de notre succès, c’est l’ampleur du rassemblement. Nous devons chercher sans cesse à ouvrir davantage nos tribunes antilibérales. Seule une unité large pourra susciter une dynamique populaire. Les militant-e-s communistes sont attachés à la démarche engagée, je sais qu’ils ne veulent pas d’un échec. C’est au PCF aujourd’hui de créer les conditions qui permettront de rouvrir le dialogue. Allons tous ensemble jusqu’au bout du processus, donnons-nous les moyens d’aboutir à un consensus sur la candidature et de mener ensemble cette campagne.
Séparés, nous n’arriverons qu’à nous compter, et ce ne sera pas glorieux. Rassemblés, on peut casser la baraque ! Le décalage est frappant entre des salles de meetings unitaires pleines à craquer (Grenoble, Montpellier...), et nos difficultés à sceller un accord. Nous ne pouvons pas décevoir. Soyons responsables ! Je suis inquiète, vraiment, mais toujours aussi déterminée. Revenons à l’essentiel : les urgences sociales, écologiques et démocratiques nous imposent de sortir de l’impasse. Tout le reste est dérisoire.
De : Clémentine Autain
dimanche 26 novembre 2006

