Gayssot : « Ce n'est pas Frêche qui a gagné, c'est le PC ! »
| Gayssot jean-Claude, Midi Libre du 23 novembre 2006 | |||||||||
| « Les élus communistes ne sont plus le doigt sur la couture du pantalon » Gayssot : « Ce n'est pas Frêche qui a gagné, c'est le PC ! » « Les élus communistes ne sont plus le doigt sur la couture du pantalon » Marie-George Buffet exige la démission de Georges Frêche alors que vous venez de revenir dans sa majorité. Qu'allez-vous faire ? Ce sont les propos qu'on lui prête. On vient d'avoir la communication nationale au téléphone et on nous répond : « Elle n'a pas dit ça. » (1) Imaginons que ce soit vrai : que faites-vous ? On reste sur notre position. Dans le Parti, il y a eu une grande évolution. C'est fini le PC qui donne les directives aux élus. Ils ne sont plus le doigt sur la couture du pantalon. Nous prenons nos responsabilités, après les militants disent s'ils sont d'accord ou pas. Mais enfin vous êtes prêts à siéger contre l'avis de votre direction alors que vous avez, dès le début, pris vos distances avec Frèche... Mais c'est que nous avons gagné ! Nous avons obtenu une délégation, au sein de l'exécutif de la Région, pour combattre le racisme, la xénophobie, le populisme d'où qu'ils viennent. Y compris de Georges Frêche. Elle sera attribuée à Jean-Paul Boré. Et sur ce terrain, je vous annonce de grandes choses. Quels moyens aura cette délégation ? Une ligne budgétaire a été ouverte : 200 000 ? y ont été inscrits. Plus les moyens en communication. Alors quand on dit « Le PC plie ». Je réponds non : le PC a gagné. Entre lundi où vous annoncez que vous partez et mardi où vous décidez de réintégrer l'exécutif, il ne s'est pas écoulé beaucoup de temps... Il faut revenir au départ de l'affaire. Dès jeudi dernier, en lisant Midi Libre, j'ai été atterré de voir que Frêche parlait des Bleus en disant : « J'ai honte pour la France. » J'ai donc fait une déclaration où j'écrivais : « S'il s'avère que ces propos ont bien été tenus, je les condamne et, dans tous les cas, je suspends mes responsabilités ». Vendredi, samedi, dimanche se passent, nous faisons le siège de la présidence, du cabinet. Personne. Lundi, je prends la décision de donner ma démission. Et alors ? Alors tout se débloque. Frêche me fait savoir qu'il veut me voir tout de suite. J'étais dans l'état d'esprit de partir. Je lui réponds : on se verra demain. Il me dit non : on vient tout de suite. Il est venu chez moi à Béziers dans la soirée. Dans cette discussion, il me dit : « Les propos qu'on me prête ne sont pas ceux que j'ai tenus. » Il me montre des déclarations des élus de l'agglomération de droite et de gauche qui le soutiennent. Il insiste beaucoup : je ne suis pas raciste. Moi, j'en suis toujours à l'idée : de toute manière, du moment où ses propos sont utilisés par des racistes, c'est condamnable. Avant de rencontrer Frêche lundi, vous faites monter la pression en démissionnant. Est-ce seulement parce qu'on ne vous répond pas ? Le premier élément, c'était bien cette absence de réponse. Mais il y en a un second, des bruits qui circulent rapportant que Frêche veut nous faire payer notre montée au créneau... Personne ne nous achète avec des menaces ! C'est donc après avoir reçu Frêche à votre domicile lundi soir que vous décidez de revenir dans la majorité ? Pas du tout. A ce moment-là, rien n'a été décidé. Même pas lors de la réunion de la majorité mardi matin. J'ai attendu la réunion du groupe PC l'après-midi pour me décider. Mes camarades me disaient : « Si tu ne reviens pas, nous ne revenons pas... » Si vous savez dans quel état d'esprit je suis. Mon bonheur aujourd'hui serait d'être plus près de l'encrier que du chantier. J'ai 62 balais. Mais imaginez dans quelle situation je me retrouve, moi qui ai toujours mis les mains dans le cambouis, quand je dis à mes camarades : « Je vous laisse vous débrouiller », et qu'ils me répondent : « Mais nous, on te suit, on n'y va pas. » On peut dire que je suis nul, que ma politique n'est pas bonne mais pas que je suis là pour me sucrer. Allez-vous témoigner pour Georges Frêche jeudi prochain lors de son procès sur les « sous-hommes » ? Absolument. Parce que je suis persuadé que Georges Frêche n'est pas raciste. Ces propos sont détestables, injurieux, grossiers, tout ce qu'on veut, mais on ne peut pas prétendre que Frêche, en les prononçant, a eu dans l'idée leur connotation nazie.Propos recueillis par J. VILACÈQUE et J.-P. LACAN (1) L'AFP a confirmé hier soir la déclaration de Mme Buffet. Elle appelle toujours à la démission de Georges Frêche, affirme que la création d'une délégation sur le racisme ne le dédouane pas, et conclut en renouvelant son soutien aux conseillers régionaux (comprenne qui pourra...). Enfin, le Catalan Richard Sanchez, membre du comité exécutif national, a demandé à ce que Jean-Claude Gayssot soit traduit devant la commission des conflits du PCF.
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