PROGRAMME DE L’UMP

Publié le par PCF

 
PROGRAMME DE L’UMP
une vraie machine de guerre

Les spécialistes de la communication ont planché pour le compte de Nicolas Sarkozy.
Comment faire acquiescer les Français à l’inacceptable ? En présentant le pro­gramme législatif de l’UMP sous l’apparence d’un “ choix ” personnel. Celui de “ travailler plus pour gagner davantage ” ou de “ travailler autant pour gagner moins ”. De “ travailler plus longtemps pour toucher la même retraite ” ou de “ s’arrêter à 60 ans avec une pension réduite ”…
Les amis de Sarkozy ont donc lancé l’opération maquillage pour donner un visage humain à la rupture violente qu’il veut conduire. “ Je suis d’accord avec la proposition ” de supprimer les 35 heu­res, vient de dire François Fillon devant l’aile la plus libérale (!) de l’UMP. “ Mais si on arrive en disant : vous allez travailler 39 heures en étant payés pour 35, cela risque d’être très coûteux élec­toralement. ” Il faudra donc faire passer le plomb pour l’or. Pour faire semblant d’augmenter les salaires, les cotisations sociales et fiscales sur les heures sup­plémentaires seront supprimées, mais les assurances sociales seront d’autant affai­blies. On relèvera au passage que c’est dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale que les députés et sénateurs UMP viennent d’introduire un article qui supprime les 35 heures et rétablit les 39 heures dans l’hôtellerie.
Parmi les réformes prioritaires : la sup­pression des impôts sur les successions qui déplaisent tant à ceux qui veulent garder la cuillère en argent dans la bou­che ; une autonomie des universités sur lesquelles le patronat mettrait la main, les ferments d’un communautarisme propre à diviser les Français… Mises au goût français, ce sont les recettes de Bush que son disciple tricolore entend docilement décliner. Même si les électeurs améri­cains ont sèchement censuré la politique des néoconservateurs, elle brille toujours de mille feux aux yeux du porte-parole de Neuilly. De ce côté-ci comme de ce côté-là de l’Atlantique, elle cherche le plus grand commun diviseur. Là-bas, c’est un mur pour séparer du Mexique ; ici, le chef de l’UMP s’acharne à dresser des barrières face aux enfants des sans-papiers qui rêvent des bancs de nos éco­les. Sarkozy n’est-il pas parvenu à pro­voquer, à force de mépris et d’insultes, la révolte des jeunes des quartiers populaires? Ceux-là ne sont pas de son monde. Il faut les réprimer dès l’âge le plus tendre et sans égard pour l’enfance, ainsi qu’il le propose dans la loi qu’il soumet à l’Assemblée nationale cette semaine. Cette escalade répressive com­ble Le Pen, qui projette une ombre gran­dissante sur l’échéance de 2007. La haine renforce la haine et la sauvagerie du capitalisme les replis agressifs.
Le programme de l’UMP esquisse bien des changements fondamentaux derrière le fard et le Rimmel. Tous dessinent la refondation sociale chère au baron Seil­lère hier et à Mme Parisot aujourd’hui, un pays où tout serait voué aux divi­dendes, des entreprises pilotées par le dogme des 15 % de rentabilité, une société où les plus modestes n’auraient qu’à s’en prendre à eux-mêmes puisque les services collectifs et publics rédui­raient comme peau de chagrin.
C’est à cette machine de guerre que la gauche doit s’opposer. Elle ne le fera avec succès qu’à condition de courage, celui de se distinguer radicalement du libéralisme, de bousculer les puissances de l’argent, d’oser inventer une société de l’intérêt commun.
Ce choix devra se lire sans équivoque dans une candidature antilibérale .
Publicité

Publié dans PRESSE NATIONALE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article