À la gauche de la gauche du monde
Le grand soir ? Cela reste à voir. En tout cas, ils étaient 3 000 hier au Summum, à donner de la voix, de l'applaudissement, à qui voulait l'entendre. Un public rêvé, à faire bafouiller d'émotion les organisateurs de la soirée. 3 000 personnes, quand on sait qu'ils n'étaient que 200 le 29 mai 2005, de la place Saint-Bruno à la préfecture, ce fameux soir où Grenoble avait dit “oui”, mais où l'Isère et la France avaient dit “non” à une certaine idée de l'Europe. Les collectifs de la gauche antilibérale ont fait du chemin en un an et demi. Une trentaine en Isère, ils sont aujourd'hui capables de remplir une salle, pour rêver ensemble d'un autre monde. Un monde où il n'y a pas seulement plus de Coca à la buvette, ni d'OGM dans les champs, «mais où la politique peut encore changer les choses…» Réunie autour de la première secrétaire du Parti communiste français, Marie-George Buffet, du syndicaliste José Bové et de l'adjointe à la mairie de Paris Clémentine Autain, la gauche de la gauche a fait une démonstration de force hier soir. Et, au-delà d'un programme qui promet de beaux lendemains, avec de l'emploi en CDI et à 32 heures par semaine et de l'éducation pour tous, «que l'on financera en taxant les profits des entreprises», c'est peut-être l'ampleur de la mobilisation qu'il faut retenir. Car si en décembre prochain, ces antilibéraux finissent par s'accorder sur un nom, un seul : Bové ou Buffet (ou Besancenot, qui sait ?), ils pensent dès lors pouvoir peser de tout leur poids, pour la présidentielle d'abord, les législatives ensuite, les municipales enfin. «Seule une vraie politique de gauche nous amènera à nous allier au Parti socialiste.» Un message est passé. Un sentiment aussi, partagé par beaucoup de militants hier soir, que «depuis le “non” au traité constitutionnel, «on peut inverser le cours de choses». Alors… REPÈRES GRENOBLE AVAIT DIT “OUI” Lors du référendum sur le traité constitutionnel, Grenoble avait voté "oui" à 55,67%, et le département de l'Isère “non” à près de 54%. À POLIMERI «Polimeri avait un plan alternatif, mais les choix qui ont été faits ont été guidés par la loi du fric, par la loi des actionnaires» a lancé hier soir Marie-George Buffet à des salariés de l'usine de Champagnier. «Il faut que les salariés aient autant de droits que les actionnaires dans la gestion de l'entreprise.» AUX TROIS DE SAINT-GEORGES José Bové a rendu hommage aux trois faucheurs d'OGM de Saint-Georges-d'Espéranche, dans le Nord-Isère, rappelant la mobilisation à laquelle il avait participé lors de leur convocation au tribunal, avant d'appeler le public à se mobiliser le 20 novembre prochain, à Grenoble, le jour du procès des manifestants anti-Minatec. L'ÉDUCATION, «PILIER DE LA TRANSFORMATION SOCIALE» Clémentine Autain n'a pas mâché ses mots sur le dossier de l'éducation, en dénonçant les récents commentaires de l'un des candidats à l'investiture socialiste : «La remise en cause de la carte scolaire, c'est non et re-non» et «Nous, on est bien de gauche, hors de question de s'en prendre aux profs». Côté propositions, «réaffirmer que l'éducation n'est pas une marchandise, la scolarisation obligatoire de 3 à 18 ans, le statut de l'étudiant à revoir…» AILI FREDERIC | ||
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