GROS SALAIRES, DIVIDENDES, RETRAITES DORÉES

Publié le par Section JOIGNY

 
GROS SALAIRES, DIVIDENDES, RETRAITES DORÉES
les vrais privilégiés

Entre “ retraites dorées ” et régimes spéciaux (genre cheminots), où se cachent  les vrais privilégiés?
La question est légitime. Surtout après lattaque en piqué de François Fillon, UMP, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, sur les régimes spéciaux dont bénéficient plus dun million de Fran­çais. Manque de chance pour certains cachottiers, la loi Breton de 2005 oblige les sociétés cotées en Bourse à porter à la connaissance du public les avantages de leurs dirigeants. Un premier texte légis­latif a obligé en 2001 ces entreprises à divulguer les salaires des patrons. Le monde des parachutes dorés ne vit plus en vase clos.
Laffaire Daniel Bernard, ancien PDG de Carrefour, et de ses 38 millions deu­ros de “ retraite chapeau ” (soit 1000 fois le salaire des caissières du groupe, ou 2500 années de Smic) nest quun symbole. Car la pratique est courante.
Chez Air Liquide par exemple, leader mondial des gaz industriels, on a cou­tume de se montrer généreux avec ses anciens dirigeants. Edouard de Royère, à la tête du groupe jusquen 1995, endosse chaque année un chèque de 1,6 million deuros.
Alain Joly, son succes­seur, reçoit des étrennes de 1 million deuros. Benoît Potier, actuel PDG, a alors demandé son reste. Il a négocié un chèque de trois ans de salaire lors de son départ. Soit la modique somme de 6 millions deuros. Au cas où les fonds viendraient à manquer pour les vieux jours, cet argent ne fait que compléter le régime des salariés ordinaires auquel ces dirigeants ont cotisé...
En moyenne, la pension versée aux anciens ténors du CAC 40 représente entre 40% et 65% de leur dernière rémunération. Sans cela, ces gens très bien payés, entre 1 et 3 millions deuros par an, ne toucheraient que 15% à 30% de leur dernier salaire à la retraite. Le parachute doré a été conçu pour com­penser cette perte dargent (!). Surtout, il fidèlise les dirigeants. Que dire de la retraite chapeau dAntoine Zacharias, PDG de Vinci? Celle ci lui permettra de conserver un revenu de 2,1 millions deuros par an, soit 50% de son salaire. Plus 13 millions deuros, trois ans de salaire, versés au début de lannée: le roi des parkings aura de quoi couler des jours heureux.

Les indemnités de départ séchelonnent dans ces grands groupes entre six mois et quatre ans de leur dernière rémunéra­tion. Si José-Luis Duran, chez Carrefour, est remercié, il gagne 24 mois de salaire. Sil est remplacé par un nouvel action­naire, lindemnité passe à trente mois. Reste que si tous ces grands patrons cotisent pour la protection sociale, ce nest pas le cas des actionnaires, grands bénéficiaires de lexcellente rentabilité des groupes du CAC 40. Lannée der­nière, ils se sont partagé un gâteau de 24 milliards deuros

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