50 MILLIARDS DE PROFITS EN TROIS MOIS

Publié le par Section JOIGNY

50 MILLIARDS DE PROFITS EN TROIS MOIS
                        une rentabilité record

Les chiffres sont chocs, les bénéficiaires chics et les discours toc.
Lactualité a de ces collisions dinfor­mations qui éclairent crûment la scène nationale. Ainsi, les 40 géants du CAC40 ont vu leurs bénéfices bondir de 23 % au premier trimestre 2006. Cinquante milliards deuros de plus pour les actionnaires et les placements financiers. Citons les chiffres : Bouygues + 47 %, Accor + 54 %, Crédit agricole + 43 %, Dexia + 37 %, Lafarge + 53 %, LVMH + 46 %, Publicis + 50 %, SANOFI-Aventis + 33 %, Schneider Electric + 46 %, Société générale + 27 %, Vinci + 32 %, Vivendi + 48 %…
Jamais les sociétés nont bénéficié dune telle rentabilité : 16 % contre 9 % il y a quatre ans. Une vendange exception­nelle réalisée sur le dos des salariés trop souvent saisonniers et précarisés. Cette récolte-là ne doit rien à la météo. Toute la politique des gouvernants de ces dernières années a tendu à alléger les contributions sociales des entreprises, à réduire les impôts des sociétés et ceux sur le revenu, à liquider les droits sociaux et à déréglementer. Contraire­ment aux idées toutes faites, lenvolée des bénéfices concerne aussi celui des PME – même si certaines connaissent des difficultés – qui, selon lindice de référence Mid&small, a atteint 36 % dans la même période.
Alors que depuis 2003 les bénéfices sont au plus haut, linvestissement stagne obstinément. Cette corne dabondance nest pas injectée vers des projets pro­ductifs ni utiles à la population. Elle sert à acheter encore et encore des actions pour faire grimper les cours ; elle séva­nouit dans le versement de dividendes énormes ; elle se stérilise dans la crois­sance externe – le rachat dautres entre­prises – qui supprime des emplois. Voilà le véritable bal des privilégiés, celui à la porte duquel Nicolas Sarkozy et les siens jouent le rôle de vigiles ! Lappétit vient en mangeant et les marchés attendent avec impatience que GDF (et ses 44 % daugmentation des bénéfices semes­triels) leur soit livré sur un plateau par le gouvernement et lUMP.
Et Sarkozy, qui sait ce quil doit aux beaux quartiers, a choisi de mener lof­fensive contre les retraites de cinq mil­lions de fonctionnaires ou assimilés. “ Celui qui dira quil est normal que les uns cotisent 40 ans pour que les autres cotisent 37,5 ans, celui-là ne respectera pas les Français ”, a-t-il osé déclarer sans risque dêtre contredit sur France2. Cest le même raisonnement qui conduit la droite à remettre en question les contrats à durée indéterminée, prétextant que dautres salariés sont encore plus mal traités ! Le cynisme est à son comble quand certains présentent les régimes spéciaux comme des “ privilèges ”. Ce sont les mêmes qui détournent les yeux pudiquement sur les flots de richesse détournés de léconomie utile pour grossir les dividendes. Ni le MEDEF ni la droite ne tolèrent quon écorne le pactole pour permettre aux salariés qui lont produit davoir la sécurité dem­ploi ou de formation durant leur vie professionnelle et la garantie dune retraite paisible après 37 ans et demi de travail.
Dommage que Ségolène Royal ou Lio­nel Jospin ne se soient pas distingués du candidat de lUMP à la présidentielle en refusant la remise en question des droits des salariés concernés par les régimes spéciaux, se bornant lun et lautre à souhaiter “ une réforme ”. Un exemple qui souligne la nécessité doffrir en 2007 la possibilité dun vote porteur de choix franchement antilibéraux aux électeurs de gauche, à ceux qui ont dit “ non ” lors du référendum .
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Publié dans Economie

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