Présidentielle : rien nest encore écrit
Gauche . Alors que Marie-George Buffet fait sa rentrée politique aujourd’hui à Hennebont, dans le Morbihan, les universités d’été du PS, des Verts, de la LCR s’ouvrent ce week-end .
À la veille de la rentrée des formations de gauche, tout serait-il joué, le paysage politique définitivement dessiné pour 2007 ? « C’est écrit, dit Jack Lang. Les Français ne voudront pas d’un nouveau 21 avril. Et ils ne voudront pas prendre le risque Sarkozy. » Ils sont nombreux à laisser penser, comme le député du Pas-de-Calais, que la gauche aurait déjà gagné 2007 et qu’il ne resterait pour les militants du PS qu’à désigner le président. Et là encore, peu de surprise : les sondages de popularité désignent Ségolène Royal haut la main, ce sera donc elle. L’argument préside aux ralliements en cours parmi les responsables socialistes. « Elle est la mieux placée pour faire gagner la gauche », dit François Rebsamen, le numéro 2 du PS. Les sondages décideraient donc de tout. Encore faut-il y regarder de plus près. Ainsi celui de l’IFOP, largement diffusé le week-end dernier, indique que 55 % des sondés préfèrent la personnalité de Ségolène Royal à celle de Nicolas Sarkozy. Une indication de préférence, pas une intention de vote. Mais ce que les médias ont moins mis en avant, c’est que la même enquête révèle que 51 % estiment que le PS n’est pas proche des préoccupations des Français, 54 % qu’il ne s’oppose pas suffisamment au gouvernement et 61 % qu’il n’a pas de projet pour la France.
Des dossiers sociaux brûlants
Huit mois avant le premier tour de la présidentielle, il est difficile de dire ce que les électeurs auront en tête au moment du vote. La droite cherche à éviter que les préoccupations sociales soient les premières à dicter leur choix. Ainsi Nicolas Sarkozy met en scène sa rentrée politique sur l’immigration et la sécurité face au terrorisme. Mais les dossiers sociaux ne manquent pas : le pouvoir d’achat, la fusion Suez-GDF, notamment peuvent donner matière à d’importants mouvements. Peu crédible sur son projet, le PS mise sur le rejet de la droite et la crainte d’un nouveau 21 avril pour susciter un rassemblement sur son candidat dès le premier tour. Cela suffira-t-il pour battre la droite et gouverner à gauche ? Du côté du Parti communiste et de ceux qui cherchent à constituer un rassemblement antilibéral, on mise sur une dynamique populaire qui prenne appui sur les luttes et le contenu d’un projet de transformation. Si le climat de la campagne, telle que l’ont engagée les deux partis qui veulent dominer l’échiquier politique, ne laisse guère place aux enjeux de contenu, il n’est pas certain que les électeurs se laissent confisquer le débat de fond. Ils l’ont montré lors du référendum sur la constitution européenne.
Quels candidats potentiels ?
Au PS, la candidature de Ségolène Royal a pris de l’avance, mais d’ici la décision de novembre, tous les rebondissements sont possibles.
L’appétit des prétendants qui voient en 2007 une chance (parfois la dernière) de devenir président de la République, annonce un combat féroce. Qu’en est-il des autres candidatures dans la gauche ? Malgré la décision de la LCR de présenter Olivier Besancenot, le rassemblement antilibéral et pour des candidatures communes a répondu à l’attente de nombreux militants. Le 10 septembre se tiendra une réunion des 400 collectifs locaux déjà constitués. Pour réussir, il leur faudra franchir l’obstacle de la candidature à la présidentielle. Marie-George Buffet et José Bové se sont déclarés disponibles. Reste que pour bousculer la gauche dans son ensemble une grande dynamique populaire sera nécessaire. D’autres candidats se sont déclarés : Arlette Laguiller mènera sa sixième campagne présidentielle, Dominique Voynet a obtenu d’une courte tête l’investiture des Verts, Christiane Taubira et Jean-Pierre Chevènement sont sur les rangs. En fait, dans l’ensemble, on est loin d’être fixé.
Une réunion
de toute la gauche ?
Marie-George Buffet a proposé une réunion de toutes les formations de gauche. Pour la secrétaire nationale du PCF, l’urgence d’une riposte à la droite, mais aussi la nécessité de mettre en débat public les divergences dans le contenu des programmes justifie cette initiative acceptée à ce jour par le PS, les Verts et d’autres formations de gauche. Il existe une forte attente d’un débat de société et il sera difficile pour ceux qui veulent l’éviter de se dérober.
Olivier Meyer