Une délégation internationale de solidarité vient de rentrer du Liban.
Une délégation internationale de solidarité vient de rentrer du Liban.
Une délégation internationale d’une trentaine de personnes, dont 14 Français (1), est revenue mercredi du Liban, où elle s’était rendue pour rencontrer les partis politiques et mouvements libanais, dont le Hezbollah, le Parti communiste libanais, le Courant patriotique libre. La délégation a également été reçue à la présidence de la République et à l’Assemblée nationale. Elle a aussi visité les camps palestiniens de Sabra et Chatila à Beyrouth et une école abritant des réfugiés. Hier, au cours d’une conférence de presse, les membres de la délégation livraient leurs impressions. Pour Serge Guichard (PCF), « il faut combattre la campagne des médias occidentaux qui montre la résistance comme étant exogène au peuple, or nous avons vu la résistance de tout un peuple qui cherche avant tout à préserver son unité. Les Libanais redoutent un chaos confessionnel similaire à celui qui a éclaté en Irak. Les Libanais sont souverains et n’ont pas besoin qu’on leur offre une souveraineté. Le Liban est un contre-exemple du choc des civilisations au Moyen-Orient. Je considère qu’il n’y a plus de traces de guerre civile au Liban ».
L’ensemble de la délégation a noté « un consensus national de soutien à la résistance du Hezbollah contre l’agression israélienne, ce qui ne signifie pas que cet appui soit inconditionnel », souligne-t-elle. Elle tire le signal d’alarme en ce qui concerne la situation humanitaire. Un quart de la population a été déplacée et Israël menace de couper la route aux camions d’approvisionnement. Tout passage doit être négocié.
De ses différents entretiens, la délégation a perçu la profonde frustration des Libanais. Depuis des années Israël viole l’espace aérien et maritime libanais sans que la communauté internationale réagisse. De même, on regrette que l’accent soit toujours mis sur la résolution 1559 de l’ONU, qui prévoit le désarmement du Hezbollah, alors qu’Israël ne s’est jamais conformé aux résolutions qui le concernent.
Pour accepter une force internationale, le gouvernement libanais pose trois conditions : le rétablissement de la souveraineté du Liban, le cessez-le-feu et la libération des prisonniers. Ce plan est soutenu par l’ensemble des forces politiques du pays, qui estiment que le désarmement du Hezbollah est une affaire intérieure libanaise. Plus globalement, toutes ces forces pensent que l’écrasement militaire du Hezbollah n’est pas souhaitable pour deux raisons : d’une part, Israël aura l’impression qu’il aura le champ libre pour imposer ses propres règles et, d’autre part, un tel échec risque de précipiter la population chiite dans le désespoir et l’extrémisme.
La délégation a conclu la conférence de presse en appelant à une manifestation à Paris pour le 12 août, à 15 h 30, au Châtelet. Elle s’inscrit dans un cadre européen et international similaire à celui du 15 février 2003 contre la guerre en Irak.
(1) La délégation française, composée
de représentants de l’association France Palestine Solidarité, du PCF, de la LCR, des Verts, de l’Union juive française
pour la paix (UJFP), de Participation spiritualité musulmane (PSM), mais aussi de Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CIPPP), du Comité de vigilance
pour une paix réelle au Proche-Orient, association Paix juste Bagnolet.
M. R. et A. V.