Il y a cent ans, le capitaine Dreyfus était enfin réhabilité.
Ce fut alors l’honneur du mouvement ouvrier, notamment avec l’immense figure de Jaurès, que d'avoir combattu pour qu’il en soit ainsi. En rendant justice à Dreyfus, on sanctionnait heureusement la victoire de l’État de droit sur la raison d’État.
Cette victoire rappelait à tous, et en premier lieu aux républicains, que la République est malade quand les droits d’un seul sont bafoués. Elle rappelait à tous que la République n’est pas elle-même, si elle est confisquée par une caste, ou par un groupe censé détenir à lui seul la vérité et le droit.
Le combat des dreyfusards n’est hélas pas celui du passé. Contre les tentations autoritaires et les délires sécuritaires, au nom de l’ordre et de la raison d’État, il est bon de rappeler que le respect intransigeant des droits est la base du pacte républicain.
Contre toutes les exclusions et les discriminations, il est bon de redire qu’il n’y a pas de République tant qu’une seule femme ou un seul homme n’est pas reconnue dans son entière dignité, quelle que soient ses origines, sa religion ou son statut. C’est la conviction des communistes ; c’est le sens de leur combat.
Parti communiste français
Paris, le 12 juillet 2006.