L’IMMIGRATION SELON SARKOZY

Publié le par PCF

L’IMMIGRATION SELON SARKOZY
la même matrice libérale que le CPE
MANIFESTATION LE 13 MAI
Le projet de loi Sarkozy
est scandaleux vis-à-vis des immigrés, il est dangereux
pour la France.
Le ministre de l’Intérieur, en jetant ouvertement ses filets dans les eaux troubles du FN et de de Villiers, affirme s’adresser à ceux de nos compatriotes “ pour qui l’immigration est une source d’inquiétude pour leur sécurité, leur emploi, leur mode de vie ”. Mais ce n’est pas seulement une démarche élec­toraliste. Car l’immigration “choisie”, c’est d’abord un modèle économique et un leurre sémantique. Une tricherie avec le langage. Qui choisit? L’immigré? Évidemment non. Le choix, c’est celui qui répondra aux besoins, ajustables en permanence, d’une économie tournée entièrement vers la rentabilité financière, allant chercher, chez les centaines de millions de pauvres vivant hors des murs de la citadelle France ou Europe, ceux dont elle aura besoin un temps pour s’en séparer aussitôt après usage.
Discuté au Parlement peu après la grande victoire contre le CPE, le projet Sarkozy sur l’immigration vient de la même matrice libérale. Le CPE voulait faire des jeunes des immigrés de l’inté­rieur et avait une évidente vocation à être étendu à l’ensemble des contrats de tra­vail. Le talon de fer de la loi sur l’immi­gration est dans la logique d’une remise au pas de l’ensemble de la société, des hommes et de l’économie. Il vient pro­clamer que les hommes ne sont rien d’autre qu’une marchandise et une variable d’ajustement dans les combats planétaires du capitalisme mondial. Que cela s’applique à tous et que ce sera le meilleur des mondes.
Bafouant des décennies d’universalisme, notre pays dresserait des remparts contre l’envahisseur ? Comme si l’apparente certitude d’être protégé, selon le minis­tère de l’Intérieur, “ des squats, des ghet­tos, des phénomènes de bande, des vio­lences urbaines ” appelait l’exclusion de l’autre, de l’étranger, du différent. La France de Sarkozy n’est nullement la France de la sérénité. C’est un pays de la peur, paranoïaque. Il en joue, il s’en sert car tout, pour la droite qu’il incarne, vaut mieux que l’engagement lucide et conscient de millions de citoyens dans des combats transformateurs.
La naïveté n’est pas de mise. Le prési­dent de l’UMP a tiré ses leçons de la bataille du CPE. Il croit le moment venu de pousser les feux de la division, de la xénophobie, d’entraîner la pensée fran­çaise toujours plus à droite en terrain boueux. Il n’y a pas d’incompatibilité entre cette volonté et le remodelage libé­ral en cours. Les deux sont complémen­taires et ont un dénominateur commun. La démocratie les gêne. Face aux révol­tes, aux mouvements sociaux, face au peuple, on sent la tentation, selon des mots d’Aragon, de cet “ arbitraire qu’on finit par trouver naturel dans une place assiégée ”. Les forteresses enferment aussi sûrement ceux qui sont à l’inté­rieur qu’elles ne les protègent du monde extérieur.
La liberté, ce n’est pas la schizophrénie et l’enfermement, mais la rencontre de l’autre. C’est aller vers l’autre en multi­pliant les coopérations avec le Sud, c’est construire la France avec ses immigrés, dans la citoyenneté de tous, avec le droit de se syndiquer, de faire de la politique, de voter, de vivre avec sa famille, le droit d’être un sujet libre au pays des droits de l’homme.
 
Le PCF, membre du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable, appelle à la manifestation nationale, le 13 mai à Paris, place de la République à 15 h. Contre toutes les formes de discrimina­tion, de précarisation, de division : régu­lariser tous les sans-papiers; permettre le droit de circulation, légalité de droits; reconnaître le droit de vote et la citoyen­neté de résidence à toutes les élections .
 

 

 
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