haro sur les petits hôpitaux

Publié le par JOSSELIN

SANTÉ
haro sur les petits hôpitaux

Une seule solution, la fermeture.
 
Dans un rapport remis au ministre de la Santé, un dirigeant du Conseil national de la chirurgie affirme que 113 blocs opératoires d’hôpitaux publics français ne respectent pas les normes de sécurité et de qualité et demande qu’ils soient purement et simplement rayés de la carte. Sans délai. Au prétexte qu’à moins de 2000 interventions par an pour 50 000 habitants, un bloc ne serait pas viable! C’est le critère principal retenu par le rapporteur pour établir sa liste noire. “ En raison d’une activité faible, certains chirurgiens perdent leur savoir-faire car faire peu expose à faire moins bien ”…
La publication de ce rapport participe de l’offensive lancée depuis des années contre les hôpitaux de proximité, dans le contexte d’une politique de plus en plus dure de compression des dépenses de santé. Offensive qui rencontre souvent une forte résistance de la part des usa­gers, comme on l’a vu lors de projets de transfert à Sainte-Affrique (Aveyron), à Ivry (94), Paimpol (Cote d’Armor)…
Conscient d’avancer sur un terrain miné, le ministre prétend qu’il n’y a pas de plan et tergiverse, mais dit aussi “ qu’il n’a pas l’intention d’enterrer le rap­port ”.
Étrangement, ce rapport tient à l’écart de son champ d’investigation les établis­sements privés, le plus souvent les clini­ques elles aussi de petite taille. Le sec­teur privé accapare une part croissante de la chirurgie (plus de 50%) et aug­menterait certainement sa prédominance si le rapport s’appliquait. Étrangement aussi, le rapport n’envisage que la fer­meture de blocs alors que d’autres pistes pourraient être suivies, comme un effort de formation, l’organisation de réseaux, des investissements accrus… Enfin, plu­tôt que de confier aux agences régiona­les d’hospitalisation, structures bureau­cratiques dépendant du ministère, l’ave­nir des établissements de proximité, pourquoi ne pas développer la plus large consultation des usagers, des élus, des professionnels de la santé?
Jacqueline Fraysse, députée PCF, estime qu’“ encore une fois, c’est l’hôpital public qui est visé ”; elle considére ce rapport “ insultant pour les personnels ”. On se moque du monde, dit-elle; “  en fait, le gouvernement est prêt à tout pour justifier sa politique de restriction au profit de structures privées auxquelles n’auront accès que ceux qui en ont les moyens ” .
 
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Publié dans FONCTION PUBLIQUE

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